A - LE LISSAGE OU LE PRESSAGE

A l’origine, l’usage consistait à lisser ou presser les vêtements afin de leur donner une certaine mise en forme.

On peut le constater sur les fresques ou sculptures présentant des tuniques ou des drapés tombant naturellement le long du corps. Une peinture murale dans la maison des Venturi à Pompéi, montre une jeune femme lissant de la main, une toge suspendue.

On a également utilisé des lissoirs en os, pierre, verre ou bien en bois, pour faire du lissage par pression. On enroulait le linge humide sur un rouleau de bois, tandis qu’avec une planche, on imprimait avec les deux mains un mouvement de va-et-vient sur le linge enroulé afin de l’aplatir et de le lisser.

Outre ces pressoirs à rouleaux, il existait également des presses verticales en bois dont le plateau mobile était articulé entre deux vis centrales verticales.

Les pressoirs à plateaux étaient généralement utilisés dans les lieux où existaient une vie de communauté : hôpitaux, couvents, châteaux.

Ces presses à linge se composaient d’une table en bois ou plateau inférieur, sur lequel venait reposer le plateau supérieur, mobile et coulissant, guidé entre les deux bâtis latéraux. Une grande vis en bois, centrale et verticale, permettait de faire monter ou descendre le plateau supérieur pour presser le linge qui était intercalé entre des planches de même taille que le plateau mobile.

B - LES REPASSOIRS A CHAUFFAGE EXTERNE

1 - Les repassoirs chauffés ou carreaux

Aux XVIème et XVIIème siècle, les tailleurs utilisent des morceaux de fer, plus épais que larges, pesant plusieurs kilos. Plus ils étaient lourds, mieux ils pressaient le linge. Ils étaient chauffés directement dans le feu, ce qui obligeait à nettoyer la semelle avant usage. Un seul montant soutenait la poignée brûlante que l’on recouvrait de chiffon. On va donc, par la suite, imaginer des pressoirs avec des poignées détachables.

2 - Les repassoirs chauffés ou plaques

On voit donc apparaître également des repassoirs plats en fer forgé, munis d’une poignée étirée dans la masse ou rivée sur la partie supérieure. On les chauffait sur ou dans un feu.

Ces plaques gardant peu la chaleur, on conçoit un autre système.

 

 

C - LES REPASSOIRS A CHAUFFAGE INTERNE

3 - Les repassoirs creux

CHAUFFAGE AU CHARBON : en fer ou en laiton, les repassoirs creux permettent d’y faire brûler du charbon de bois. Le plus ancien exemplaire connu (1633) se trouve au musée le Secq des Tournelles (Rouen).

De forme carrée à l’arrière et pointue à l’avant, ils s’ouvrent sur le dessus pour recevoir le charbon de bois, tandis que les côtés sont percés de trous de ventilation. Avec ce système, la semelle reste propre et le fer reste chaud suffisamment longtemps mais on doit supporter les fumées dégagées par la combustion du charbon

 

CHAUFFAGE PAR LINGOT : C’est pourquoi on invente au XVIIème siècle, des repassoirs plus petits en fer ou en laiton, chauffés de l’intérieur grâce à un morceau de métal ou lingot, porté au feu.

Ce nouveau type de fer à repasser ou barquette, plus maniable, a la forme d’une boîte creuse, plate, pointue, arrondie ou carrée à l’avant comme à l’arrière.

Le lingot est une masse de fer brut chauffé au rouge vif dont la forme épouse l’intérieur du fer. On les retire du feu à l’aide de pincettes.

Leur chaleur extrême risquant de brûler le linge par la semelle, on place à l’intérieur des éléments métalliques ou temporisateurs, qui retardent la transmission de la chaleur. Ce nouveau système demandait d’avoir une quantité de lingots en réserve, pour conserver la chaleur.

C’est le cas du fer à repasser, daté de 1758, que la galerie présente ici.

Il s’agit d’un fer à repasser en fer orné sur la partie supérieure d’une plaque en laiton doré entièrement ajourée de rinceaux feuillagés.

Au milieu de ce décor, deux licornes affrontées soutiennent un blason surmonté d’une couronne, figurant saint Roch, son chien et l’Ange témoin de son miracle. Au bas de la plaque, la date de 1758, entrecoupée d’initiales H.M.W…….

La plaque est maintenue à l’aide de quatre vis.

Le fer s’ouvre à l’aide d’un portillon arrière joliment ouvragé et se ferme grâce à un loquet. Tout le pourtour du fer est lisse, sans décor. Sa poignée en bois est soutenue par deux montants droits moulurés à la base.